Découvrir la botanique

Bernard a profité du temps libre de sa retraite pour se consacrer à la botanique. Il a déployé dans cette activité la même rigueur scientifique qu'il a montrée durant sa vie professionnelle. Sa bibliothèque est maintenant riche de plus de 180 ouvrages, il en a extrait ces quelques pages.

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LA BOTANIQUE VIENT DE LA MEDECINE

 

La Botanique n’est pas née de la curiosité intellectuelle des hommes désirant analyser les plantes. Elle est née d’une nécessité, celle de se soigner.

Dans la Grèce antique, il y avait des médecins dont les plus célèbres sont :

- Hippocrate, né en 460 av.J.C. Pour lui la maladie n’est qu’un phénomène naturel, dépourvu de toute signification mystique ou magique. Il en décrit les symptômes et propose d’en établir un diagnostic objectif. Les remèdes, notamment les plantes médicinales acquièrent grâce à lui leur identité propre : la Menthe cesse d’être une jeune nymphe métamorphosée pour devenir une plante odorante. A l’occasion des grandes épidémies de peste d’Athènes, il prescrivait d’allumer des feux d’herbes aromatiques (romarin, lavande, sarriette, hysope). Cela montre qu’il connaissait leurs propriétés antiseptiques.

- Dioscoride, né au 1er siècle de notre ère. Il écrira le premier traité de botanique ; ce sera le meilleur jusqu’à la Renaissance. Cet ouvrage monumental (De materia medica) qui répertoriait et décrivait toutes les drogues connues du monde antique (579 plantes et leurs 4700 usages médicaux) restera la bible thérapeutique pendant près de 2 millénaires. Son œuvre sera traduite souvent et dans de nombreuses langues.

 

La civilisation romaine, super dans l’administration et l’art militaire n’apporta rien à l’histoire de la médecine.

La grande figure médicale de la Rome antique fut le médecin grec Galien, né en 131. Il a poussé plus avant l’étude des plantes décrites par Dioscoride et la théorie des humeurs de l’organisme élaborée par Hippocrate. Il réalisait des mélanges complexes de plantes, il inventa de nombreuses formules médicamenteuses, ce qui lui valut le titre de « père de la pharmacie ». Comme il reconnaissait l’existence d’un dieu unique, créateur du corps humain, il fut reconnu par l’Eglise. Aussi pendant longtemps, s’opposer à Galien signifia  s’opposer à l’Eglise.

A partir de l’an 500, les moines et les religieuses chrétiennes fondaient à travers l’Europe des monastères, où l’on compilait les herbiers, et des jardins médicinaux où l’on cultivait les plantes destinées aux infirmeries. Chaque monastère cultivait au moins 16 simples, jugés de première nécessité, parmi lesquels, le lys, la sauge, la rose, le cresson, le fenouil, la menthe, la sarriette, la rue, le pouliot, la tanaisie. C’est Charlemagne qui indique en 812, les arbres et les plantes médicinales à cultiver sur l’ensemble des domaines royaux. Mais la plupart des moines était d’une ignorance désolante dans le domaine thérapeutique. Les sources dont disposaient les religieux étaient peu nombreuses et partielles.

Ce sont les médecins arabes qui conservèrent et traduisirent les œuvres des médecins grecs, en particulier celles de Galien. C’est à  Bagdad que s’opéra le transfert de la science des Grecs aux Arabes, on y accomplissait un travail de traduction et de recherche. Ces œuvres étaient mal connues en Occident mais elles furent traduites en latin, au 11ème siècle, par un moine chrétien, Constantin l’Africain qui séjourna, pendant 10 ans, au monastère du Mont Cassin où il écrivit ses textes.  Cet homme fut le trait d’union principal entre la médecine grecque et arabe d’une part et la médecine européenne, d’autre part.

Non loin de Rome, la petite ville italienne de Salerne fut, du 9ème au 13ème siècle, un centre médical important qui sut entretenir, durant des siècles, le patrimoine de la médecine grecque. Fondée par Charlemagne, l’école de Salerne connut un prestige extraordinaire à travers toute l’Europe. Salerne marqua, dans l’histoire de la médecine occidentale, le retour à la médecine de l’Antiquité grecque. La pratique médicale de Salerne est essentiellement fondée sur les plantes.

Montpellier prit ensuite le relais : sa faculté de médecine (crée en 1289) et l’éminente tradition botanique de son université s’enracinent dans cette longue histoire.

La Renaissance fut l’ère des idées nouvelles et un médecin suisse baptisé Paracelse (1493- 1541) exprima des principes qui guideront désormais la recherche thérapeutique vers la science contemporaine. C’est lui qui, le premier, eut l’idée de rechercher dans les simples leurs principes actifs. C’est lui qui développa la fameuse « théorie des signatures » : la forme de la plante indique la maladie qu’elle peut soigner. Par exemple les feuilles de la pulmonaire ressemblent à un poumon : la plante soignera les maladies pulmonaires.

Durant la Renaissance les jardins de simples se multiplient et la botanique se sépare lentement de la connaissance des plantes médicinales. Nicolas Houel fonda en 1580 un jardin des simples qui fut à l’origine de la faculté de pharmacie de Paris.

Enfin, vient le 18ème siècle et avec lui le grand Linné par qui les plantes acquièrent une identité spécifique. Chaque espèce est désormais baptisée selon un code universellement admis, d’un double nom latin.

 

 

 

 


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