Découvrir la botanique

Bernard a profité du temps libre de sa retraite pour se consacrer à la botanique. Il a déployé dans cette activité la même rigueur scientifique qu'il a montrée durant sa vie professionnelle. Sa bibliothèque est maintenant riche de plus de 180 ouvrages, il en a extrait ces quelques pages.

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LE PARFUM D’UNE FLEUR C’EST PAS POUR L’HOMME !

 

L’utilisation du parfum chez les humains, hommes et femmes, est aussi veille que l’histoire de l’humanité. Le Cantique des Cantiques nous dit que les parfums et les fleurs sont l’image même de l’ivresse amoureuse. Ils apparaissent aussi comme les moyens de communication entre les hommes et leurs dieux. Ils connurent l’apogée de leur usage à Rome au début de notre ère. Le christianisme associa son usage chez la femme à la tentation du péché en réaction aux abus de Rome. Seul l’usage des parfums continua dans les lieux de culte comme vecteur spirituel et pour masquer les mauvaises odeurs, notamment celles des défunts. C’est grâce aux croisades en Terre sainte que réapparut l’usage des parfums en Europe occidentale. Aujourd’hui produits de luxe, les parfums signent et soulignent les traits de la personnalité de ceux ou celles qui les portent.

Oui l’homme s’est emparé des parfums mais il a peut-être oublié qu’à l’origine ce parfum ne lui était pas destiné. En effet, les odeurs d’origine végétale sont nombreuses mais c’est souvent à l’intention des animaux qu’elles sont émises. Le parfum fait partie de la  stratégie de la plante pour faire participer les insectes à sa reproduction. Quelquefois c’est une stratégie de la plante pour se défendre.

Prenons l’exemple du Thym : plus il fait chaud, plus il est parfumé. En effet, pour se défendre contre les rayons violents du soleil et éviter une trop forte évaporation, la plante produit en grande quantité une huile essentielle qui donne un gaz. Ce dernier enveloppe chaque feuille et forme ainsi un coussinet thermo-isolant. Le parfum est donc ici le résultat d’une action de défense de la plante contre la  chaleur.

Pour assurer le transport du pollen  la  fleur a besoin d’aide puisqu’elle est immobile. Il lui faut donc attirer les insectes. Pour cela elle va se donner de jolies formes et de somptueuses couleurs. L’insecte s’approchera  et une fois pas trop loin de la fleur, c’est surtout au parfum qu’il sera sensible. L’insecte perçoit les odeurs avec un luxe de détail qui nous est inconnu !

La fleur pour attirer l’insecte utilisera des odeurs qui sont associées à la nourriture de l’insecte et des odeurs qui sont associées à sa sexualité. Dans le premier cas il va se précipiter pour manger le nectar. Dans le second cas, par exemple dans le cas de l’ophrys miroir, il va se précipiter croyant qu’il se trouve en présence de sa partenaire. La fleur, en effet, émet les mêmes signaux olfactifs que sa partenaire !  De plus elle lui ressemble terriblement. Alors l’insecte copule avec la fleur !

Mais attention un certain parfum attire un insecte donné. Si la fleur sent mauvais, (l’urine ou le pourri), l’insecte sera une mouche. Si elle sent bon ce sera une abeille ou un papillon. Sentez un Arum, il pue et il est pollinisé par les mouches.

De plus si c’est un papillon de nuit la corolle de la fleur sera blanche et l’intensité du parfum émise par la fleur sera maximale, à l’aube ou au crépuscule. Sentez un chèvrefeuille qui est pollinisé par un papillon de nuit : ce n’est qu’à l’aube ou au crépuscule que nous le sentons.

Lorsqu’un insecte se pose sur une fleur, il faut qu’il aille déposer le pollen au bon endroit et il faut aussi qu’il puisse en récolter pour ensuite le déposer sur une autre fleur. Pour cela notre fleur a prévu des guides olfactifs sur ses pétales : regardez la corolle du liseron des champs, elle est ornée de 5 nervures qui sont blanches dans la variété rose, mais pratiquement invisibles dans la variété blanche. Pourtant l’insecte ne s’y trompe pas : il suit ces lignes jusqu’au cœur de la corolle. Ces nervures sont des guides olfactifs, dont l’odeur croit de la périphérie vers le centre.

 

 

Résumé (rédigé par B.Escaut), des articles de Benoit Garonne et Guillaume Lemoine publiés dans le N° 61 de la Garance Voyageuse : www.garancevoyageuse.org  F48370 St Germain de Calberte


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